• CONFÉRENCE AU CHÂTEAU DE TALCY : L’ESSOR DE L’ICONOGRAPHIE PAYSANNE

 


Même si les paysans sont présents dans l’ensemble de la production artistique médiévale, ils sont rarement traités comme les protagonistes des œuvres. De fait, jusqu’au XIVe siècle, la figuration de leur activité ne constitue pas un genre autonome mais s’inscrit strictement dans le cadre de l’imagerie chrétienne : les paysans sont alors figurés comme des personnages secondaires des épisodes bibliques, comme par exemple dans l’Annonce aux Bergers, ou comme des illustrations des mois dans les livres d’heures. À partir des années 1400, ce traitement iconographique assez réducteur connaît d’importants changements. L’activité paysanne devient en effet un sujet à part entière, notamment dans le cadre des tapisseries et des peintures flamandes qui élaborent deux nouveaux thèmes iconographiques intégralement autonomes, l’un figurant les tâches laborieuses des paysans (fermiers, vendangeurs, bûcherons, bergers), l’autre les fêtes de village qui animent le monde rural. L’invention de ces nouveaux thèmes conduit nécessairement à s’interroger sur le statut que la société du début des temps modernes accorde aux travailleurs de la campagne.