VICISSITUDES DES PAPYRUS CARBONISÉS D’HERCULANUM

 

De 10h à 11h - Salle Mansart, Château royal de Blois
Communication proposée par les Presses de l’université Paris-Sorbonne à l’occasion de la publication de l’ouvrage de Daniel Delattre Vicissitudes des papyrus carbonisés d’Herculanum (79-1752-2011)
Intervenants : DANIEL DELATTRE, chercheur au CNRS – IRHT, et SOPHIE LINON-CHIPON, directrice éditoriale et responsable diffusion des PUPS
L’éruption catastrophique du Vésuve de 79, qui raya de la carte, entres autres cités, Pompéi et Herculanum, eut néanmoins un avantage extraordinaire, celui de nous livrer un magnifique témoignage concret de la civilisation gréco-romaine. Si l’aspect archéologique en est bien connu du grand public, il est un autre domaine scientifique qui doit beaucoup à la redécouverte d’Herculanum au milieu du XVIIIe s, celui de la papyrologie gréco-latine et, plus largement, de la connaissance des livres antiques. En effet, des centaines de rouleaux philosophiques grecs,
conservés dans la bibliothèque d’un épicurien contemporain de Cicéron, Philodème de Gadara, ont été remontés au jour dès 1752, mais sous la forme de petits cylindres carbonisés et souvent déformés, de prime abord impossibles à dérouler et donc à lire. Et pourtant, grâce au P. Piaggio, inventeur en 1754 d’une ingénieuse machine, nous pouvons accéder au contenu, totalement inédit, de nombreuses fins de volumina, souvent au prix d’énormes difficultés. C’est cette histoire, trop peu connue, de la papyrologie d’Herculanum qui sera ici esquissée à l’occasion du travail actuellement mené par une petite équipe de l’Institut de Papyrologie de la Sorbonne (CNRSIRHT), missionnée par l’Institut de France, sur le Papyrus d’Herculanum de Paris n°2. Aujourd’hui démembré en 283 morceaux de tailles très inégales, c’est un gigantesque puzzle de plus de 10 m de longueur qu’il s’agit de reconstruire, avant de pouvoir l’éditer et le traduire. La fragilité du matériau de ce rouleau, patrimoine national en tant que propriété de l’Institut de France, interdisant tout déplacement et présentation publique, de nombreuses photos permettront de se représenter ce que pouvait être un livre dans la Rome antique.