UN ÉTÉ EN ENFER. NAPOLÉON III DANS LA DÉBÂCLE

 


De 10h30 à 11h30 - Salle Lavoisier, Conseil général
Rencontre proposée par les éditions Actes Sud.
Intervenants : NICOLAS CHAUDUN, éditeur, auteur de l’ouvrage L’été en enfer. Napoléon III dans la débâcle et AUDE GROS DE BELER, éditrice
Napoléon III s’éclipse de nos manuels d’histoire au matin du 2 septembre 1870, lorsqu’il rend son épée à Guillaume de Prusse. De lui dans la campagne qui a précédé, rien. Rien sinon cette allusion récurrente à son errance sur les champs de bataille, en quête d’une mort brutale qui lui épargnerait l’humiliation. Jamais on ne s’est attaché au calvaire personnel que fut pour lui cette guerre stupide, impromptue quoique préparée de longue main par Bismarck. Seul, malade, dépossédé du pouvoir politique, démis de son commandement militaire, Napoléon III s’obstine à demeurer parmi ses soldats, désireux de partager leur infortune. Ses atermoiements, son inanité presque, ne peuvent faire oublier son courage physique et son abnégation. Un martyre qui pourraient transfigurer le vaincu de Sedan en un authentique héros de tragédie, au même titre que Roland ou Ney.
Dépeindre cette solitude héroïque et désemparée sollicite d’autres ressorts que la continence universitaire. Un appareil de note ne vaut pas une palette ; on n’y puiserait en vain les nuances psychologiques indispensables à pareil tableau. Il ne s’agit pas de renier la rigueur de l’historien, il faut la revêtir de lyrisme, sans plus d’outrance que de timidité. C’est là tout le sel du "récit historique", plus chatoyant que le mémoire, plus fiable que le roman.