SYNDICALISME : ORIENT, OCCIDENT, MÊME COMBAT ?

 

Les combats syndicaux internationaux, la solidarité internationale, la CGT, première organisation syndicale à se constituer en confédération, les connait dès ses origines. Héritière de l’Association Internationale des Travailleurs de 1864, qui définit ainsi les objectifs des syndicats : Défendre quotidiennement les ouvriers contre « les empiètement incessants du capital », se préoccuper « soigneusement des intérêts des couches ouvrières les plus mal payées », mais aussi « agir dorénavant de manière plus consciente en tant que foyers d’organisation de la classe ouvrière dans l’intérêt puissant de son émancipation complète et soutenir tout mouvement social et politique qui tend à ce but », chaque fois que les conditions seront réunies, elle ne cessera d’agir en solidarité avec les salariés en luttes dans quelques pays que ce soit, malgré les différences d’analyses et quelquefois les divergences. Avec les pays d’Orient, qu’ils soient du proche ou moyen ou extrême, des liens avec certaines organisations se sont renforcés ces dernières années, et des combats communs se mènent, sans pour autant gommer les différences d’analyse (Jacques TREGARO).
Pour illustrer ces rapports internationaux avec l’Asie, deux exemples seront pris :
• Réception par le Comité Régional CGT, de Syndicats Chinois en Septembre 2009 (Philippe CORDAT)
• Accord-cadre international et entreprise multinationale : KCTU, CGT et les fédérations syndicales internationales dans le conflit de Lafarge en Corée du Sud.
La recherche vise à analyser la stratégie syndicale dans les négociations s’appuyant sur l’Accord-cadre international, à partir du cas d’un conflit chez Lafarge en Corée du sud. Malgré le nombre restreint de salariés concernés (d’abord une dizaine, ensuite quatre), l’ampleur de ce conflit réside dans la durée de la contestation qui s’est étendue sur plus de deux ans, ainsi que dans sa portée internationale liée au séjour de ces ouvriers à Paris. En mars 2006, la fermeture d’un des sous-traitants de Lafarge-Halla est considérée par les militants syndicaux comme un « simulacre » en raison de son immédiate proximité avec la création d’un syndicat affilié à la KCTU. Cependant, un jugement local est rendu en faveur de l’entreprise malgré la protestation des ouvriers. L’Accord-cadre international - signé d’une part par Lafarge et d’autre part par l’ICEM et l’IBB -, apparaît pour la KCTU comme le seul moyen d’exercer une pression sur la direction du groupe qui échappe à sa responsabilité. Les syndicats nationaux et internationaux - KCTU, CGT, ICEM et IBB - sont en effet tous convaincus que Lafarge a enfreint cet accord conclu sur la base des conventions de l’OIT. Dans ce contexte, on constate cependant une divergence de stratégie et d’objectif pendant la négociation entre ces organisations syndicales et les ouvriers qui ont perdu leurs emplois (Donjkyu SHIN).