RÊVER JÉRUSALEM

 

Jérusalem est au centre des croyances, des mémoires et des symboles des trois monothéismes. Depuis l’époque médiévale, Jérusalem est disputée entre chrétiens et musulmans. Puis la proclamation de l’Etat d’Israël en 1947, le partage entre Jérusalem-Est et Jérusalem-Ouest transforme une nouvelle fois le statut de la ville où cohabitent les lieux saints les plus symboliques du judaïsme, du christianisme et de l’islam : les restes du Temple, le Saint Sépulcre, le Dôme du Rocher. Faute de pouvoir vivre Jérusalem, beaucoup de croyants dans le monde ont été contraints de la rêver, voire de confondre la Jérusalem historique et la Jérusalem céleste, promesse de félicité éternelle dans la contemplation du divin. Ainsi, dans les représentations, Jérusalem est tantôt le symbole des conflits et des violences de communautés humaines et tantôt l’idéal de la cité éternelle.
Les Croisés et les Musulmans entrecroisent leurs querelles et leurs rêves de Jérusalem. Les peintres de l’Occident chrétien évoquent, au fond de leurs tableaux qui racontent la vie et la passion du Christ, la silhouette de la ville sainte. Les communautés juives de la diaspora rêvent de se retrouver « l’an prochain à Jérusalem » et pour certains la Jérusalem rêvée comme une Terre promise prend la forme de l’Amérique. Puis au XXe siècle, des Juifs transforment le rêve en réalité. Dans ce contexte comment, dans les communautés musulmanes qui se sentent dépossédées, et plus particulièrement en Palestine arabe, évoluent l’image de la ville et les formes du rêve ?