RÉINVENTER L’ORIENT : SAVANTS, ARTISTES, AMATEURS « ORIENTAUX » FACE A HÉRITAGE ORIENTALISTE

 

Il y a quasiment un demi siècle, Edward Said lançait le débat sur l’orientalisme avec une thèse accusatrice, qui faisait de l’étude des sociétés orientales un instrument de domination au service de l’Occident. Le débat évoquera l’effet de la science orientaliste sur les sociétés locales.
Il y a quasiment un demi siècle, Edward Said lançait le débat sur l’orientalisme avec une thèse accusatrice, qui faisait de l’étude des sociétés orientales un instrument de domination au service de l’Occident. L’orientalisme était accusé d’avoir déshumanisé l’Orient pour mieux s’en emparer. Les critiques, de tous bords, qui dénonçaient les limites de la critique saidienne, n’ont pas empêché le développement spectaculaire des études « culturelles » ou « postcoloniales » qui s’en réclament.
On a critiqué l’étroitesse et le manque de pertinence du corpus des auteurs utilisés par Said pour sa dénonciation, et sa concentration sur l’orientalisme français et britannique. Nous voudrions à présent aborder le débat en évoquant l’effet de la science orientaliste sur les sociétés locales. Celles-ci ont contribué par certains de leurs éléments à la constitution du savoir de l’Occident sur l’Orient. Inversement, le produit de l’érudition et de la curiosité intellectuelle a été réélaboré, réapproprié plutôt, dans le cadre d’enjeux nouveaux, nationaux ou ethniques, par des sociétés et des Etats issus des anciens empires coloniaux.
Cette perspective se propose de sortir d’une logique d’une confrontation Orient/Occident pour penser les phénomènes en termes de processus et d’interrelation entre des centres et des périphéries, entre le global et le local, entre les essences et les constructions historiques. Elle entend dépasser les lignes de clivage et de rupture et repenser les conditions d’un dialogue social à l’échelle mondiale.