Louise Michel, rebelle et romancière

 

Durant ses séjours au bagne puis en prison, Louise Michel a échafaudé un projet littéraire ambitieux dont témoignent les trois romans qu’elle publie entre 1886 et 1890 : Les Microbes humains, Le Monde nouveau, Le Claque-dents. Avec ce cycle en trois actes scandant l’écroulement du vieux monde et l’avènement du nouveau, elle sculpte en grand dans la fiction, dans la « légende nouvelle » dont elle veut doter la révolution, dans le langage, dans une rythmique inédite de l’expression.
Dans le contexte du premier centenaire de la Révolution française où socialistes et anarchistes protestent contre sa confiscation par la République bourgeoise, les trois romans saluent, de tout leur contre-pouvoir d’élocution, des insurrections qu’on ne songe guère à célébrer, et annoncent une révolution imminente.
Œuvres de mémoire, germes d’avenir, ces romans de la faillite bancaire, de la névrose, de la pourriture et de la lutte pour la vie s’écrivent avec toutes les nuances du rouge au son vibrant des tocsins