Les animaux dans la Grande Guerre, des vécus oubliés

 

La première Guerre mondiale a été l’occasion d’employer quantité d’animaux pour aider les soldats à combattre : des chevaux et des mulets par millions, des ânes, des chiens et des pigeons par centaines de milliers pour porter des hommes ou du matériel, tirer des voitures, guetter l’ennemi, informer du déroulement des batailles, etc. La Grande Guerre a aussi convoqué dans ses tranchées des milliers d’animaux coincés au milieu du front comme les bestiaux ou les animaux sauvages, apportés de l’arrière comme les chiens, attirés par l’aubaine comme les rats, qui se voient pourchassés, tués ou gardés, apprivoisés, câlinés, en aidant les hommes à survivre dans l’enfer, occupant leur temps, permettant de se raccrocher à la vie. Mais alors que les soldats puis les anciens combattants avaient exprimé de fortes reconnaissances à l’égard des animaux utilitaires et de ceux de compagnie, jusqu’à les décorer ou leur dédier des livres et des monuments, nous les avons oubliés.

La conférence propose de retrouver les « soldats à quatre pattes » ainsi que tous les animaux qui ont vécu avec les hommes dans les tranchées, et, dans la lignée de ce que l’auteur a initié avec Le Point de vue animal, une autre version de l’histoire, il s’agit de se placer du côté de ces animaux pour mieux saisir leurs vécus, leurs points de vue, leurs ressentis, pour mieux comprendre ainsi les attitudes, les sentiments, les émotions des soldats, en entreprenant un panorama international sur le front ouest, de la Belgique à l’Italie, côté britannique, belge, français, italien et côté allemand, autrichien.

L’ouvrage support de la rencontre (Bêtes des tranchées, des vécus oubliés, Cnrs éditions, 2013) suit donc l’itinéraire des animaux, du début à la fin de leur participation ou de leur présence, du début à la fin de la guerre : les réquisitions, transports, apprentissages des animaux de guerre ; leurs participations aux combats ; les conditions et les devenirs des animaux compagnons ; enfin les souffrances, les morts ou les réformes des animaux utilitaires.