Le journal de Galeazzo Ciano (1939-1943) : le fascisme vu de l’intérieur

 

Les Éditions Payot s’apprêtent à publier le 28 août 2013 un important témoignage historique sur la Seconde Guerre mondiale qui n’avait jamais fait l’objet d’une réimpression en français depuis sa première parution en Suisse en 1946 (Neuchâtel, éditions de La Baconnière). Il s’agit du Journal (1939-1943) tenu quasi quotidiennement par le comte Galeazzo Ciano (1903-1944), gendre de Mussolini et numéro deux du régime fasciste en sa qualité de ministre des Affaires Étrangères. Ce document captivant, source de première main pour les historiens du fascisme et de l’Italie contemporaine, devient enfin accessible au grand public dans une nouvelle édition, entièrement préfacée, annotée et révisée par Pierre Milza, professeur émérite à Sciences Po et grand spécialiste de l’histoire du fascisme (Conversations Hitler-Mussolini, 2013 ; Histoire de l’Italie des origines à nos jours, 2005 ; Mussolini, 1999).

Ciano y relate sur 800 pages, avec cynisme et sincérité, la montée inéluctable de la guerre et la politique hasardeuse suivie par l’Italie. D’abord favorable à un rapprochement avec Hitler, on le voit s’opposer peu à peu, au lendemain de la signature du Pacte d’Acier (22 mai 1939), à la politique pro-germanique agressive de son beau-père. Partisan de la conclusion d’une paix séparée avec les Alliés, puis de la démission du Duce, il est finalement exécuté comme traître le 11 janvier 1944, un an après sa destitution en février 1943 qui conclut le Journal. C’est grâce à son épouse, Edda, qui les emporta avec elle, cachés sous sa jupe, dans sa fuite vers la Suisse que les précieux carnets furent publiés au lendemain de la guerre.