LE SORT DES JUIFS PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE DANS L’ORIENT ARABE

 

La Seconde Guerre mondiale affecte indirectement les Juifs de l’Orient arabe, et dans deux cas au moins, en Tunisie et en Libye, directement et violemment. A l’issue du conflit, leurs rapports avec les Européens et les Arabes en sont transformés.
Le second conflit mondial affecte indirectement les Juifs d’Orient, et dans deux cas au moins, en Tunisie et en Libye, directement et violemment. Comment les régimes coloniaux ont-ils réagi à la défaite française de juin 1940 et aux victoires allemandes de 1940-1942 ? Comment les populations colonisées ont-elles vécu l’image d’un colonisateur défait (la France) ou mis en difficulté (le Royaume Uni) ? Celle évolution a-t-elle affecté les rapports judéo arabes ? Et au cœur de ces rapports, comment les populations européennes ont elles réagi face aux populations juives et musulmanes ? L’antisémitisme européen a-t-il ici trouvé droit de cité, ou y était-il déjà ancré ? Comment, par exemple, la population française du Maghreb a-t-elle vécu les deux Statuts des Juifs édictés par Vichy ?
Par ailleurs, le Reich n’est pas resté inactif dans l’Orient arabe. Dès la fin de l’année 1938, il a mis en place, via des émissions radiophoniques pour l’essentiel, une propagande active qui couvre tout le Moyen-Orient (jusqu’en Iran) en inondant de ses messages les cafés et les souks. Toutefois, loin de vouloir y étendre le Lebensraum (la politique expansionniste nazie vise l’Europe orientale), les nazis souhaitent surtout tirer parti du ressentiment arabe contre la domination coloniale britannique et du sentiment antijuif communément répandu. Flattant l’Islam, la propagande nazie entre donc en résonance non seulement avec l’antisionisme et l’antisémitisme locaux, mais aussi avec une conception souvent proche de la nation.
La situation des Juifs d’Orient va sortir bouleversée du conflit mondial. Ses rapports avec les Européens comme avec les Arabes (le principal pogrom en terre arabe a eu lieu en pleine guerre, en 1941, à Bagdad) en ont été transformés. Ces années portent en germe la brutalité d’un après-guerre marqué par la naissance de l’Etat d’Israël et l’exclusion progressive, sournoise ou soudaine, en une génération à peine, des communautés juives de l’Orient arabe.