L’esclavage : une guerre continue ?

 

Il semble particulièrement pertinent de proposer cette carte blanche à Blois, sur ces terres qu’administra en tant qu’Evêque, l’Abbé Grégoire, à partir de 1791 et ce jusqu’en 1801. Adhérant de la Société des Amis des Noirs, militant intarissable de la cause des Africains et des esclaves noirs des colonies françaises des Antilles, c’est avec conviction qu’il vota l’abolition de l’esclavage dans l’ensemble des colonies françaises (le 4 février 1794), décidée à la suite du soulèvement des esclaves de Saint-Domingue . Selon lui, un peuple est justifié à recourir à la guerre pour défendre ses droits et notamment revendiquer ses droits d’humanité, d’appartenance à l’humanité. Cette voie a été suivie par les esclaves du monde entier, que ce soit à travers des révoltes, une révolution comme celle d’Haïti ou des résistances parfois plus souterraines. L’esclavage a produit des faits de guerre du fait de l’opposition des races qui se construisent à cause de la différence des statuts, de la violence, des conflits, des vexations et des limitations de liberté.

La collection esclavages des recherches qui analyse autant les situations d’esclavage que les sociétés du post-esclavage, elle s’attache autant aux acteurs du passé qu’à ceux du présent. Elle inscrit chaque situation d’esclavage dans des séquences historiques et des espaces géographiques, des modalités juridiques, des conditions sociologiques et anthropologiques, des jeux de force économiques, politiques précis aussi envisagés sous un angle global. Elle souligne l’importance des représentations racialisées, construites, héritées, réactualisées, revendiquées.

Elle publie des inédits ou des traductions de textes importants parus dans d’autres langues que le français.

La collection « Esclavages » publie des livres exigeants scientifiquement et d’une lecture aisée afin que les recherches les plus récentes soient connues d’un plus large public.

« Esclavages » est une collection du Centre International de Recherches sur les Esclavages, dirigée par Myriam Cottias (CNRS). Elle bénéficie d’un Comité éditorial constitué de chercheurs de rang international avec Cédric Audebert (CNRS), Elisabeth Cunin (IRD), Nahayeilli Juarez Huet (CIESAS, Mexique), Marie-Jeanne Rossignol (Université de Paris-Diderot), Hebe Mattos (UFF, Brésil), Antonio de Almeida Mendès (Université de Nantes), Dominique Rogers (Université des Antilles-Guyane), Ibrahima Thioub (UCAD, Sénégal).

5 titres parus :

Myriam Cottias, Elisabeth Cunin, Antonio de Almeida Mendes, Les traites et les esclavages. Perspectives historiques et contemporaines (2010)

Richard Price, Peuple Saramaka contre Etat du Suriname (2012) (traduction)

Christine Chivallon, L’esclavage, du souvenir à la mémoire. Contribution à une anthropologie de la Caraïbe (2012)

Jean Hébrard, Brésil : quatre siècles d’esclavage (2012)

Henri Médard, Marie-Laure Derat, Thomas Vernet, Marie Pierre Ballarin, Traites et esclavages en Afrique orientale et dans l’océan Indien (2013)

PROJECTION Karthala (présentation)
 :
Titre : Endam Bilaali : de la revendication d’une identité servile dans le contexte de démocratisation et de décentralisation (Fouta Toro – Sénégal)

Genre : Film Documentaire

Durée : 52 MNS

Format : HD/DVCAM

Version : Pulaar / Wolof - Sous Titre Français

Lieu De Tournage : Dakar/Fuuta Toro

Producteur / Bénéficiaire : Centre Africain de Recherches sur les Traite et les Esclavages en Afrique (CARTE)

Le documentaire Endam Bilaali, association des descendants d’esclaves du Fouta Tooro (Sénégal), donne la parole à différentes protagonistes d’une histoire de la servilité qui s’inscrit dans l’histoire de la moyenne vallée du fleuve Sénégal. Il éclaire les rapports de servilité encore à l’ordre du jour dans la société Haal Pulaar de la région, à la fois contestés et utilisés comme un terreau de la mobilisation citoyenne. La trame du documentaire suit à la trace la contestation de la hiérarchisation des catégories sociales qui s’opère dans un contexte d’ouverture de l’espace public qui a promu la compétition démocratique en vue de la conquête des pouvoirs locaux, au sein de collectivités locales institués hors des cadres socio-politiques traditionnels par une décentralisation administrative et politique.

Les initiateurs du mouvement Endam Bilaali sont dépositaires et acteurs de processus de migration internationale enclenchés dans la région depuis le début du XXe siècle en connivence avec leurs homologues formés dans les écoles modernes. Le documentaire cible la parole des différentes générations appartenant aux groupes sociaux et identitaires qui s’affrontent dans un espace public ouvert en recourant à différents répertoires dont celle de la servilité au cœur des luttes de pouvoir. Le récit des protagonistes fera l’objet d’une analyse par des spécialistes des sciences sociales.