« L’ORIENT » : UN OBSTACLE POUR LA RECHERCHE ?

 

À partir d’une analyse de sources juridiques et littéraires aujourd’hui à notre disposition, nous proposons de remettre en cause la notion d’Orient et de poser, dans une nouvelle mise en perspective, les bonnes questions.
Depuis le début de l’expansion coloniale au XIXe siècle, le regard des Occidentaux sur l’Orient, à travers leurs études, a été biaisé en raison d’un préjugé de domination/eurocentrisme. Convaincu de la supériorité de son système de pensée, l’Occident était en effet persuadé que celui-ci devait s’appliquer à tous les autres.
Ainsi, le droit musulman et la littérature arabe, par exemple, ont été dépréciés dans les travaux de recherche. Au premier, il était reproché un manque de systématisation dû à l’absence de règles générales. Et on estimait que la seconde était exclue des milieux religieux qui la considéraient comme néfaste pour l’esprit des croyants. Il en est résulté des amalgames, voire une incompréhension de la vision du monde et du fonctionnement des sociétés musulmanes.
À partir d’une analyse de sources, aujourd’hui à notre disposition, nous proposons d’étudier quelques exemples juridiques et littéraires afin de dépasser ces stéréotypes. Plus de 3000 documents de la pratique juridique réunis dans une base de données (CALD) dans le cadre du Projet européen ILM (Islamic Law Materialized), nous permettent de nuancer la conception du statut matrimonial de la femme et de rediscuter le statut des minorités religieuses. D’autre part, le déchiffrement d’éléments non exploités de certains manuscrits, nous amène à nous interroger sur la place des Mille et Une Nuits dans la sphère religieuse.