L’HISTOIRE DU MONDE ARABO-MUSULMAN DANS L’ENSEIGNEMENT ET LA RECHERCHE

 

Le monde arabo-musulman est présent à plusieurs niveaux dans les programmes d’histoire et de géographie. Mais il l’est évidemment de manière discontinue compte tenu des contraintes horaires qui sont importantes.
La classe de cinquième s’ouvre avec l’étude des débuts de l’Islam dans le contexte de la conquête et des premiers empires arabes dans lequel la tradition islamique est écrite. Le monde arabo-musulman est évoqué ensuite en quatrième avec l’analyse de la colonisation. Mais il ne l’est que partiellement, le processus de colonisation étant premier. Il en est de même en classe de troisième avec la décolonisation, l’Algérie étant alors l’étude privilégiée. La classe de seconde permet de donner des éléments sur l’empire Ottoman aux XVème et XVIème siècles en prenant en compte le passage de Constantinople à Istanbul où entrent en contact les cultures et les religions musulmanes, chrétiennes et juive. La colonisation et la décolonisation sont approfondies en classe de première –l’Algérie étant de nouveau l’étude privilégiée. La classe de terminale met au programme l’analyse des conflits au Proche et Moyen Orient depuis la fin de la première guerre mondiale – en tout premier lieu le conflit israélo-palestinien. Il en va de même dans l’enseignement optionnel en terminal S. Le constat est plus lacunaire dans l’enseignement professionnel avec seulement l’étude de la décolonisation.
Ce rapide constat montre les problèmes que pose cet enseignement. Il est forcément discontinu. Par là-même, il est difficile de donner une vision d’ensemble de la géographie que recouvre le monde arabo-musulman, de son expansion et de ses limites. La difficulté de ne pas pouvoir rendre compte des principales évolutions historiques de ce monde fait courir plusieurs risques pour la qualité de cet enseignement, celui de lui donner une trop grande homogénéité, passant sous silence la diversité musulmane même, avec la présence de minorités chrétiennes, juive, berbère, etc., celui aussi de donner de l’Islam l’image d’une religion immobile. L’actualité politique, avec les lendemains des « révoltes arabes », rend d’autant plus nécessaire de pouvoir comprendre comment se sont construites les sociétés arabes. La question fondamentale qui se pose est de savoir comment rendre ces enseignements plus cohérents compte tenu des contraintes qui pèsent sur les programmes. Les réflexions pour y répondre doivent se mener à partir des recherches menées actuellement sur le monde arabo-musulman et des réalités pédagogiques.