HISTOIRE CONNECTÉE, HISTOIRE COMPARÉE : COMMENT DÉCENTRER L’HISTOIRE MODERNE ?

 

L’histoire du rapport de l’Europe aux sociétés lointaines durant la période moderne a connu de profonds renouvellements. Deux approches animent le débat, l’histoire comparée et l’histoire connectée.
L’histoire du rapport de l’Europe aux sociétés lointaines durant la période moderne a connu, ces dernières années, de profonds renouvellements. Par-delà l’appel général au « décentrement » des Grands récits de la « première mondialisation », deux approches, tout à la fois distinctes et complémentaires, ont animé le débat historiographique et méthodologique : l’« histoire comparée » et l’« histoire connectée ». Si l’une entend dresser le tableau des similitudes et des dissemblances entre sociétés, tandis que l’autre s’essaye à détailler les modalités de leurs interactions, elles échangent fréquemment leurs outils et leurs résultats de recherche. De fait, peut-on penser une histoire des « premiers contacts » entre le monde hispanique et les Amériques, ou entre le Portugal et l’Inde moghole, qui, d’une manière ou d’une autre, éluderait la question de la comparabilité de leurs pratiques de pouvoir ou de leurs systèmes de savoir ? Inversement, est-il envisageable de comparer des univers distants et différents sans documenter, non seulement les situations qui les ont mis aux prises les uns avec les autres, mais aussi l’effort de comparaison auquel se sont livrés les acteurs eux-mêmes ? Cette table-ronde vise à esquisser quelques réponses à ces questions.