Guerre de Kippour : comment Israël s’est fait surprendre

 

Autant le dire d’emblée, la guerre a bien eu lieu !
Qu’on l’appelle guerre du Kippour ou guerre du Ramadan, des milliers d’hommes, dans les deux camps, ont été tués lors des combats d’octobre 1973. Pour les dirigeants de l’État juif, persuadés que les Syriens et les Égyptiens n’oseraient défier Tsahal après la cuisante défaite qui leur avait été infligée en juin 1967, cette guerre n’était pas censée avoir lieu.
Depuis un peu plus d’un an, les archives israéliennes se sont ouvertes et des documents « top secret » ont été déclassifiés. L’historienne Frédérique Schillo et le journaliste Marius Schattner ont dès lors repris l’histoire de cette guerre qui détruisit le mythe de l’invincibilité de l’armée israélienne.
Et les révélations ne manquent pas ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’espion n°1 d’Israël en 1973 n’était autre que… le propre gendre du président Nasser, devenu, après la mort de ce dernier, le proche conseiller de son successeur Sadate. Il aura fallu attendre des décennies pour que l’identité de cet homme fût révélée au grand jour – avec des conséquences fatales pour l’intéressé. À moins qu’Ashraf Marwan n’ait été un agent double ?
Les Israéliens ont fait preuve d’un véritable aveuglement dans ce conflit. Malgré la quantité impressionnante de renseignements de première qualité dont ils disposaient, ils n’ont pas voulu croire à cette offensive égypto-syrienne.
Le livre apporte des éléments de réponse à des questions toujours sensibles : qu’est-ce qui explique qu’Israël se soit laissé surprendre ? La guerre était-elle inévitable ? Israël a-t-il sérieusement envisagé l’option nucléaire ?
Cette enquête, qui mêle géopolitique, psychologie, stratégie et espionnage, se lit comme un thriller, et jette un nouvel éclairage sur un conflit glorifié par les Arabes et toujours vécu comme un traumatisme en Israël.

Frédérique Schillo est historienne, spécialiste d’Israël. Docteur en histoire contemporaine de l’Institut d’Études politiques de Paris, sa thèse sur “La politique française à l’égard d’Israël, 1946-1959” (André Versaille éditeur, 2012) a reçu, en 2009, le prix Jean-Baptiste Duroselle couronnant la meilleure thèse de Relations internationales. Elle est chercheuse associée au Centre de recherche français à Jérusalem (CNRS-MAEE).

Marius Schattner a été trente ans correspondant de l’AFP à Jérusalem, après avoir travaillé à Libération. Il est l’auteur d’Israël, l’autre conflit. Laïcs contre religieux (André Versaille éditeur, 2008) et de Histoire de la droite israélienne (Complexe, 1991). Il a publié des articles dans la revue Esprit et dans Le Monde diplomatique.