Chansons de rue et contestation politique vers 1750

 

En 1749 la police de Paris reçut l’ordre d’arrêter l’auteur d’un poème qui commençait par « Monstre dont la noire furie », le monstre étant Louis XV. Il en résulta une enquête, dont le dossier dans les archives de la Bastille permet de reconstituer un réseau de communication orale, où le roi, ses ministres et ses maîtresses étaient traînés dans la boue. Les chansons en particulier transmettaient une vue désabusée de la monarchie, car tous les jours les Parisiens improvisaient des strophes sur les événements actuels ; on les chantait partout sur des airs connus de tout le monde. Le gouvernement, en pleine crise après la Guerre de Succession d’Autriche, prenait cette contestation au sérieux.

En écoutant Hélène Delavault interpréter les chansons d’après l’annotation musicale de l’époque, on peut apprécier l’esprit frondeur et populaire qui animait la ville et qui faisait trembler la cour.