Champollion en « Orient » : découvrir l’Égypte d’Alexandrie… à Abou-Simbel (1828-1829)

 

Pour confirmer sa lecture des Hiéroglyphes, Champollion part étudier la collection royale de Turin puis organise une expédition franco-toscane afin d’explorer les sites. Il relève inscriptions, bas-reliefs et peintures des temples et des tombes.

Après l’aboutissement du déchiffrement des Hiéroglyphes en septembre 1822 à Paris, et la Lettre à M. Dacier » secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et belles lettres, Champollion souhaite contrôler et confirmer la validité de sa compréhension du « système hiéroglyphique ». A Turin, le roi de Piémont-Sardaigne venait d’acquérir une magnifique collection d’objets auprès de Drovetti, consul général à Alexandrie. Après une visite familiale à Grenoble, Champollion franchit les Alpes et se hâte vers Turin en 1824, afin d’étudier cette collection royale et d’en établir une description scientifique. Il déroule des papyrus, en établit des fac-similés, amasse des informations par l’examen des statues et des objets funéraires. Après une année de travail sur place, Il a réussi à constituer une chronologie des dynasties pharaoniques, et à éclairé des notions sur la géographie et les institutions antiques.
De retour à Paris, Jean-François Champollion obtient du gouvernement de Charles X une mission : l’achat de la collection égyptologique du consul anglais Salt, afin d’ouvrir le département des antiquités égyptiennes du Louvre. Champollion réussit enfin à obtenir le financement d’une expédition franco-toscane, avec l’appui du duc de Blacas. Il part ainsi sur les traces des découvertes des savants de l’expédition d’Égypte de Bonaparte en 1798 dont il avait étudié la publication. Pendant plus d’un an « le découvreur » et son équipe dont les dessinateurs Rossellini et Nestôr L’Hôte explorent les sites archéologiques, naviguant sur le Nil, cheminant à dos d’âne à la lisière de la vallée. Il est ébloui par la richesse des sites de Thèbes : temples, vallée des Rois. Il se passionne pour le Ramesseum et les colosses de Memnon. Le voyage est rude, la chaleur étouffante lors de l’exploration de la Nubie et du site ensablé d’Abou- Simbel. Bivouacs, dangers, surprises, rencontres avec la population rurale et les artisans des villages : sont autant d’expériences qu’il évoque. Champollion observe avec intérêt et étonnement les coutumes musulmanes de cette province liée à l’empire ottoman.
De ce périple, le voyageur a laissé des traces dans la correspondance scientifique échangée avec son frère aîné. A son retour à Paris en 1829, Champollion présente une moisson d’inscriptions et de relevés iconographiques dont il prépare la publication. Charles X confie au jeune chercheur le développement de la collection égyptienne au Louvre, il est nommé professeur en Sorbonne en 1830, puis obtient une chaire d’Égyptologie au Collège de France en 1831.