Les leçons à Paris

Programme sous réserve de modifications

22 septembre à 19h
Royaume Uni : Eric HOBSBAWM, spécialiste de la question des nations et des nationalismes en Europe aux 19ème et 20ème siècles.
Europe : histoire, mythe et réalité
• Salons de Boffrand de la Présidence du Sénat, Palais du Luxembourg, 15 ter rue de Vaugirard, Paris. Accès métro : Odéon ou Rennes.


24 septembre à 18h30
République Tchèque : Miroslav HROCH, professeur d’histoire à l’Université Charles de Prague. Spécialiste du nationalisme et du processus de construction des nations européennes.
L’identité européenne : est-elle compatible avec les histoires nationales ou les histoires régionales ?
• Sciences-Po,
amphithéâtre Jacques Chapsal, 27 rue Saint-Guillaume, Paris 7ème. Accès métro : Rue du bac ou Sèvres-Babylone.

8 octobre à 18h
Italie : Carlo GINZBURG, professeur titulaire de la chaire d’histoire des cultures européennes à l’Ecole Normale Supérieure de Pise et professeur au Département d’histoire de l’Université de Californie à Los Angeles.
David, Marat. Art, politique, religion
• Institut National d’Histoire de l’Art, Auditorium de la galerie Colbert, 2 rue Vivienne à Paris IIè.

13 octobre à 19h
Hongrie : Gabor KLANICZAY, professeur au Collegium de Budapest. Professeur d’études médiévales à l’Université européenne centrale et à l’université Eötvös Lorand de Budapest. Ancien recteur du Collegium de Budapest. Spécialiste d’anthropologie médiévale, des croyances et de la sorcellerie.
Origines, formes et survivances de la royauté sacrée en Europe
• Centre National du Livre, hôtel d’Avedjan, 53 rue de Verneuil, Paris VIIè. Accès : métro Rue du Bac ou Solférino. Dans le cadre de "Un lundi européen au CNL"


21 octobre à 18h
Grèce : Christina KOULOURI, professeur d’histoire moderne à la Faculté des Sciences sociales de l’Université du Péloponnèse à Corinthe. Spécialiste de l’histoire du sport et des identités nationales.
Sport et olympisme : une histoire partagée entre la France, la Grèce et l’Europe.
• Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, Salle Dussane, 45 rue d’Ulm, Paris Vème. Accès métro : Station Monge.

L’émergence et la diffusion du sport ainsi que le renouveau des jeux olympiques au XIXème siècle sont des phénomènes modernes qui caractérisent également la France et la Grèce.
Le développement de la culture physique et du sport comme loisir dépend de la transition de la société traditionnelle vers la société contemporaine, donc des changements sociaux et démographiques provoqués par l’urbanisation et l’industrialisation, des modifications des comportements et des mentalités face au corps et à sa valorisation, ainsi que des formes modernes de sociabilité.
Dès le siècle des Lumières, les exercices physiques sont intégrés dans les programmes scolaires sous l’impact de théories hygiénistes, d’une part, et de nouveaux idéaux pédagogiques, d’autre part. Au cours du XIXème siècle, dans l’Europe entière, la gymnastique fut soumise à des finalités nationalistes : les bataillons scolaires français en furent un exemple éloquent. En Grèce aussi, nouvel État-nation mû par les passions irrédentistes, l’éducation physique inclut les exercices militaires et le tir. Sur les champs de bataille de la Grande Guerre européenne, sont tombés des millions de corps robustes préparés par la gymnastique et exaltés pendant la Belle Époque. Français et Allemands, Grecs et Bulgares se sont affrontés, inspirés par la même culture européenne de la virilité et du nationalisme.
Initié à la fin du XIXème siècle, le mouvement olympique se plaça d’emblée à la croisée du nationalisme et de l’internationalisme, tout en intégrant des éléments de la culture européenne de l’époque, tels le culte de l’antiquité classique, les valeurs de la bourgeoisie conquérante, l’internationalisme de l’économie et de la communication. Le rétablissement des jeux olympiques en 1894, à l’initiative de Pierre de Coubertin, rencontra des tentatives helléniques effectuées antérieurement dans la même direction et dans le même cadre d’une culture européenne, qui rattachait ses origines à l’antiquité grecque. C’est pourquoi Athènes fut la première ville à accueillir les jeux olympiques internationaux de l’ère moderne. L’invention olympique deviendra une institution globale qui dépassera, au cours du XXème siècle, les ambitions de ses initiateurs, tout en restant un produit culturel essentiellement européen.


23 octobre à 18h

Allemagne : Hartmut KAELBLE, professeur d’histoire sociale à l’Université de Humboldt, docteur honoris causa Paris 1. Spécialiste d’histoire européenne.
L’émergence d’un espace public européen depuis les années 50
• Collège de France, Amphithéâtre Marguerite de Navarre, 11 place Marcelin Berthelot à Paris Vème.

L’émergence de l’espace public européen est une thématique controversée. Est-ce qu’un espace public européen existe depuis le temps des premières universités, des monastères, des courts, des villes médiévales ? Ou est-ce qu’un espace public européens est impossible faute d’une langue européenne, faute d’une histoire commune européenne, fautes des grands débats européens. Un historien essaie de donner une réponse.
Grâce au site ami www.nonfiction.fr, vous pouvez retrouver le compte-rendu de cette leçon d’histoire européenne en cliquantici.

29 octobre à 18h30
Espagne : Jose Enrique RUIZ-DOMENEC, professeur d’histoire médiévale et directeur de l’Institut d’études médiévales de l’Université Autonome de Barcelone, membre titulaire de l’Académie royale des Belles Lettres de Barcelone et de l’Académie royale doctorale de Catalogne.
L’héritage méditerranéen de la culture européenne
• Auditorium des Galeries Nationales du Grand-Palais, entrée porte des Champs-Elysées, square Jean Perrin, 3 avenue du Général Eisenhower, Paris XVIIème.

Un voyage à la recherche de l’héritage de la civilisation méditerranéenne dans la construction de l’Europe moderne, à travers ses principales étapes historiques qui ont permis des échanges culturels dans les champs de l’art, la littérature et la pensée.


30 octobre à 18h30
Lituanie : Sarunas LIEKIS, professeur au Département d’études politiques de l’université de Mykolas Romeris de Vilnius et professeur directeur du Vilnius Yiddish Institute de l’université de Vilnius.
Loger les minorités ethniques. Le cas de la politique envers les juifs dans la Lituanie de la période d’entre deux guerres (1918-1940)
• Maison de l’Europe, 35-37 rue des Francs-Bourgeois, ParisIVè. Accès métro : Saint Paul ou Rambuteau


26 novembre à 19h
Portugal : Antonio HESPANHA, spécialiste de l’histoire du Portugal, professeur à la Faculdade de Direito à l’université de Lisbonne.
Des Européens aux confins du monde moderne : Les Portugais
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, amphithéâtre, 105 bd Raspail, Paris VIè

Interprétation en langue des signes assurée _ Programme handicap et sciences sociales de l'EHESS

Interprétation en langue des signes assurée
Programme handicap et sciences sociales de l’EHESS

Cercles de formation

L’expansion européenne a été, certes, une manifestation de la volonté de pouvoir des États du Continent, pour devenir ensuite un dessein stratégique de stratégie de croissance et de domination économique. Il serait néanmoins réducteur d’ignorer des pulsions autres qui ont emportées des européens à des voyages d’aventure aux frontières du monde connu : la recherches des origines, la volonté de savoir, un service de Dieu qui dépassait souvent les dimensions de la religion. Les trois exemples choisis cherchent à exemplifier chacune des attitudes. Les expéditions d’ Alexandre Rodrigues Ferreira (1756-1815) dans l’Amazonie sont un exemple de cette recherche, pleine de passion et de risque, de nouveaux savoirs. Les déambulations des jésuites autour de l’Asie Centrale (Bento de Goes, 1562-1607 ; António de Andrade, Johan Grueber et Albert d’Orville, Tibet, 1624, 1661) illustrent une recherche des origines d’une branche mythique du christianisme original, perdue dans les confins de l’Asie. Enfin, les démarches diplomatiques des missionaires-mandarins à la frontière sino-russe de la Chine (traité de Nertchinsk, 1689 : Tomás Pereira, Jean-François Gerbillon) témoignent du détournement des buts de « la mission » par la plongée dans des quotidiens locaux, dont la logique se développait à rebours d’une politique impériale européenne.

1er décembre à 19h
Irlande : John HORNE, professeur d’histoire européenne moderne au département d’histoire et des humanités du Trinity College de Dublin, directeur du nouveau Centre d’études de la guerre au Trinity College et membre du comité directeur du Centre de Recherche de l’historial de la Grande guerre de Péronne. Spécialiste d’histoire sociale et culturelle de la 1ère Guerre mondiale.
Guerres et réconciliations européennes au 20ème siècle
• Bibliothèque Publique d’Information, Centre Georges-Pompidou, Rue Beaubourg, Paris IVè.Accès métro Rambuteau.

L’Europe du 20e siècle est connue tant pour ses conflits idéologiques que pour ses guerres dévastatrices, ce qui a amené les historiens de parler du "continent noir" et de "l’ère des extrêmes". Toutefois, une autre Europe s’est tissée à travers ce même siècle, une Europe qui a fini par s’imposer par ses forces de reconstruction et par ses capacités de réconciliation suivant les ruptures successives des deux guerres mondiales et de la guerre froide. Le paradoxe essentiel réside peut-être en ceci : que les tournants de l’histoire européenne contemporaine ont consisté moins dans les guerres que dans les périodes d’après-guerre quand les européens ont dû enfin confronter les violences qui les avaient tellement divisées. Ainsi pourrait-on proposer une lecture moins noire et – toutes proportions gardées – plus optimiste de ce 20e siècle européen.


2 décembre à 18h30
Suède : Elisabeth ELGAN, directrice de l’Institut d’Histoire contemporaine, Université de Södertörn. Spécialiste d’histoire sociale et d’histoire des femmes.
L’Europe est-elle une femme ?
• Bibliothèque Nationale de France, Site François-Mitterrand, Grand Auditorium, Paris. Dans le cadre du cycle de conférences "Hommes, femmes... Histoire du genre" organisé par le magazine l’Histoire et la BNF.