Les cafés historiques

Les cafés historiques

Jeudi 9 octobre



  • L’Europe jusqu’à l’Oural : un combat pour l’identité russe ?
    De 18h30 à 20h30 - Café le Liber’thés ( 21, avenue du président Wilson)
    Avec :DINA KHAPAEVA, historienne des idées et de la Russie contemporaine et directrice de recherche pour l’Institut Smolny des Arts libéraux et des Sciences (universités de Saint-Pétersbourg).

    Depuis les réformes de Pierre le Grand au début du XVIIIe siècle, l’Occident devient, pour la société russe, un modèle à imiter. Malgré tous les conflits politiques avec les pays Européennes ce rôle de l’Occident n’a jamais été mis en question au cours du XVIIIe et XIXe siècles. Le début du XXe siècle marque un changement important des attitudes à l’Occident. Dénoncé par les bolcheviks comme une forme de société injuste et historiquement dépassée, l’Occident se transforme en l’ennemie idéologique principal de la Russie soviétique. C’est au moment du déclin et de la chute du régime soviétique dans les années 1980s, que l’Occident comence à être du nouveau perçu comme « la voie magistrale pour la Russie ». L’idéalisation de l’Occident qui a marqué les années de la perestroïka, se transforme progressivement, dans les années 1990, dans un rejet quasi-total de « tout ce qui est occidental ». Ce rejet est souvent accompagné de la xénophobie et du nationalisme typique pour la société russe d’aujourd’hui.
    Dans mon intervention, j’essaye d’analyser les changements dans les attitudes russes par rapport à l’Occident depuis dix-sept dernières années et de comprendre leur signification pour l’identité post-soviétique. Pour le faire, je vais élargir le cadre chronologique et thématique de mon propos. D’abord, en prenant appui sur les sondages d’opinion, je compare la perception contemporaine de l’Occident avec son idéalisation dans les années 1990s. Ensuite, pour comprendre les sources de l’idéalisation de l’Occident dans années 1980-90s, j’analyse la rupture dans la tradition de l’occidentalophilie russe arrivée après la révolution de 1917, aussi bien que l’émergence de la « nouvelle occidentalophilie » dans les années 1960s. Comprendre la crise de cette dernière, liée selon moi aux perturbations dans la perception du temps historique, nous aidera à expliquer les contradictions intérieures de l’idéologie des démocrates russes des années 1990s.
    La chute de occidentalophilie en Russie ne peut pas être expliquée par les circonstances locales russes. L’idéalisation de l’Occident représente la phase importante dans le dialogue culturel entre les sociétés qui se réclament d’être héritiers des idéaux des Lumières.
    Mon analyse ouvre une perspective spéciale sur l’état actuel de la société russe que je définie « la société Gothique ». Je vais montrer pourquoi les notions telles quelles « nationalisme » ou « l’occidentalophilie » n’expliquent plus les transformations contemporaines de la société postsoviétique.

    Vendredi 10 octobre



  • L’Europe des catastrophes naturelles
    De 12h à 14h - Cafeteria de l’Ecole nationale supérieure de la Nature et du Paysage (9, rue de la chocolaterie)
    Avec :FRANCOIS WALTER, professeur d’histoire à l’université de Lausanne, spécialiste de l’histoire des villes et des paysages.

    L’historien n’a pas son pareil pour débusquer dans le passé des analogies avec le présent. En même temps, il cherche toujours à mettre en évidence les spécificités. Ainsi, la menace climatique qui pèse sur nos sociétés et qu’on ne cesse de commenter est totalement irréductible à une expérience historique quelle qu’elle soit. Cette nouveauté ne doit toutefois pas occulter les contextes et les enjeux du catastrophisme ambiant. Ici, la comparaison avec d’autres situations du passé prend toute sa pertinence. Elles sont multiples les phases d’incertitude et d’inquiétude de toutes sortes qui ont jalonné l’histoire des catastrophes. Pourquoi l’âge classique redoutait-il tant le passage des comètes et leurs présages ? Qu’a donc le siècle des Lumières à se laisser fasciner par le spectacle dantesque des éruptions volcaniques et à gloser à l’infini sur le tremblement de terre de Lisbonne ? Prométhéen, le XIXe siècle l’est-il vraiment qui semble se résigner face à la multiplication des catastrophes industrielles et minières ? Et que dire de la déréliction du dernier siècle confronté aux catastrophes morales absolues, Auschwitz et Hiroshima ? Loin du schéma réductionniste du passage d’une société de la fatalité à une société de la sécurité, la manière dont la société occidentale s’est représenté les catastrophes suit une chronologie complexe où la contribution des images et des discours aux climats anxiogènes joue un rôle essentiel. La culture du risque et de la catastrophe se nourrit toujours à des sources symboliques, à plus forte raison quand règne l’idéologie de la précaution et du développement durable, à l’ombre d’une catastrophe climatique annoncée.

  • L’Europe doit-elle regarder vers le Sud ?
    De 17h à 19h00 - Café le Penalty ( 3 place de la Résistance)
    Avec :GABRIEL MARTINEZ-GROS, professeur à l’Université Paris-VIII/Vincennes-Saint-Denis, chercheur EHESS et JULIEN LOISEAU, maître de conférences à l’Université Montpellier-III/Paul-Valéry, chercheur EHESS.

    Le Sud divise les Européens entre ceux qui regardent vers leurs anciennes colonies et ceux qui n’en ont pas eues, entre ceux qui rêvent encore de puissance et d’influence mondiales et ceux qui se satisfont de tranquillités provinciales.

  • Obéir et désobéir en temps de guerre.
    De 20h30 à 22h30 - Café le Penalty ( 3, place de la Résistance)
    Avec :ALYA AGLAN, maître de conférences à Paris X-Nanterre et NICOLAS MARIOT, chercheur au CNRS-CURAPP à Amiens

    Que représente la désobéissance en temps de guerre ? Réfléchir à la désobéissance, c’est aussi réfléchir, en creux, à ce qu’elle rompt : l’obéissance. Pour terrains d’études : les mutineries de 1917 et la Résistance durant le second conflit mondial.

    Samedi 11 octobre



  • Les Français à la rencontre des Amérindiens : alliances et métissage.
    De 10h30 à 12h30 - Café de la Halle ( 8, place de la République)
    Avec:ARNAUD BALVAY, docteur en histoire, MARIE-HELENE FRAISSE, docteur en langue et civilisation amérticaines à Paris X - journaliste (GEO), écrivain et productrice de radio (France Culture).
    Modérateur : JEAN-PHILIPPE WARREN, sociologue, anthropologue et titulaire de la Chaire de recherches sur le Québec à l’Université Concordia, à Montréal.

    Vers 1660, la Nouvelle-France commence à se dilater vers l’intérieur du continent, entrant en contact avec les populations autochtones. C’est alors que les Français s’indianisent et les Amérindiens se transforment en marge de l’empire français...

  • La guerre d’Espagne : histoire et mémoire
    De 15h30 à 17h30 - Café de la Halle (8, place de la République)
    Avec :FRANCOIS GODICHEAU, maître de conférence à l’Université de Bordeaux III (Institut d’études ibériques) et MARI CARMEN RODRIGUEZ, doctorante, université de Friboug (Suisse) et Oviedo (Espagne)

    Déconstruire les usages publics de l’histoire dans un contexte donné contribue à mieux comprendre une société. En Espagne, les enjeux de mémoire actuels sont surtout le fruit de l’instrumentalisation politique du passé depuis la guerre civile.

  • Quelles résistances et quelles alternatives à l’Europe ?
    De 18h30 à 20h30 - Café le Liber’thés ( 21, avenue du président Wilson)
    Avec : MAURICE VAÏSSE, professeur d’histoire des relations internationales à l’Institut d’études politiques de Paris et GUILLAUME DEVIN, professeur de science politique à l’Institut d’études politiques de Paris.

    Dans un préambule , Guillaume Devin et Maurice Vaïsse expliqueront d’abord sur ce qu’ils entendent par Europe dans leur exposé , et ils diront qu’ils choisiront leurs exemples surtout dans le cas français .
    Puis Maurice Vaïsse explorera les résistances à l’Europe en utilisant
    deux grilles de lecture : historique d’abord , par familles
    politiques ensuite . L’histoire des 60 dernières années
    permet de bien situer les résistances à l’Europe : refus de la CED ,
    vetos du Général ( sont-ce des refus de l’Europe ?) , appel de
    Cochin , referendum sur Maastricht , développement du
    souverainisme , réferendum de 2005 . Sur le plan des familles
    politiques , l’évolution des communistes , des socialistes et des
    gaullistes est très intéressante en ce qu’elle montre une
    fragmentation du paysage politique : la césure entre Européistes et
    Eurosceptiques ne passe plus entre droite et gauche mais est
    intrinséque à chaque famille politique .
    Enfin , Guillaume Devin expliquera que , hormis l’alternative radicale qui
    consisterait à abandonner la perspective européenne pour en revenir
    à des Etats indépendants , la question et les débats sur les alternatives sont inclus dans le projet européen . En fait , il s’agit moins d’être pour ou contre l"Europe que de jouer dans tel ou tel sens , sans que cette inflexion soit une rupture pure et simple . Pourquoi ? C’est que la construction européenne est elle- même le fruit d’un compromis entre ses alternatives . GD examinera les termes de ce compromis , leurs tensions et leurs évolutions


Des cafés historiques toute l’année !
Grâce au soutien du conseil régional, les Rendez-vous de l’histoire proposent des Cafés historiques, une fois par mois, dans les grandes villes de la région Centre. A Blois, Bourges, Chartres, Châteauroux, Orléans et Tours, d’éminents historiens viennent aborder des sujets d’histoire qui éclairent le présent, de septembre à juin.
De l’actualité de la démocratie athénienne, aux métamorphoses de Tintin dans le temps, en passant par l’internement des Tziganes en France sous l’Occupation, chacun pourra assouvir sa soif de connaissance.

Renseignements : 02 54 56 84 27
www.cafeshistoriques.com