Les Journées d’études

Les Rendez-vous de l’histoire permettent à des structures de recherche de tenir des assises, des mini-colloques, sous le terme « journées d’études », dans une des salles du festival.

Les Rebelles, « observatoires » de la construction des normes culturelles et sociales (XIXe siècle à nos jours)

Journée d’études proposée par le CETHIS (Centre tourangeau d’histoire et d’étude des sources. EA 6892. Université François Rabelais de Tours.

Vendredi 10 octobre de 10h à 19h
Salle Mansart, Château royal de Blois

Il pourrait sembler aujourd’hui commun et valorisé de se rebeller et l’on pourrait multiplier les exemples. Un des « héros » (à moins que cela ne soit un anti-héros) du jeu vidéo Assassin’s creed fait appel au rebelle virtuel qui sommeillerait en nous : « seuls les crétins obéissent.... Mais si tu passes pour un diable... Tout le monde se soumet ! » (Barbe Noire).

Dans le même temps, certains intellectuels fustigent le conformisme et la couardise de nos sociétés (« mutins de Panurge » disait Philippe Murray) et en appellent à la civique insoumission (tel Stéphane Hessel dans son essai devenu rapidement best-seller Indignez-vous).

Liée à la révolte, à l’insubordination, à l’insoumission, à la résistance, la figure du rebelle est tour à tour valorisée et criminalisée -ce qui amène une réflexion sur le point de vue et sur la définition contemporaine de ce qu’est un ou une rebelle.
Que signifie « être rebelle » ? Est-on ainsi défini par l’autre comme rebelle ou par soi ? Cette définition - lorsqu’elle est imposée de l’extérieur - est-elle une menace (menace de la dénomination, de l’identification = d’où le lien entre rebelle et masque) ? Peut-elle être une identité ?

Comment devient-on rebelle ? Quels sont les déclencheurs et les raisons "d’entrer en rébellion" ?

Peut-on être rebelle toute sa vie ? N’est-ce qu’une phase ? une affaire de jeunesse, de génération ? une question de classe ? une question de sexe/ de genre ? une construction de soi ? (dandysme)

Qu’est-ce que les figures de rebelles, d’insoumis, d’insubordonnés révèlent en creux ou en plein de notre société, de ses codes, de ses valeurs, de ses attentes ?



10h15 : Stéphanie SAUGET (Maîtresse de conférences en histoire à l’université de Tours) : introduction de la journée d’études.

Des rebelles insaisissables ?

10h30 : - Guillaume MAZEAU (Maître de conférences en histoire à l’université de Paris 1) : Les rebelles invisibles. Femmes et révolutions à la fin du XVIIIe siècle.

11h : Christine BARD (Professeure des universités en histoire à l’université d’Angers.) : Les féministes : rebelles, forcément rebelles ?

11h30 : Éric FOURNIER (Maître de conférences en histoire à l’université Paris 1) : "Être deux fois rebelle : le choix des armes en manifestations (1871-1939)"

12h : Discussion.

14h30 : Gilles MALANDAIN (Maître de conférences en histoire à l’université de Poitiers) : "Régicide et rébellion à l’âge romantique (premier XIXe siècle)"
.
15h : Thomas BOUCHET (Maître de conférences en histoire à l’université de Dijon) : "Écrevisses politiques", "torpilles sociales", "crétins d’académie" et nouveau monde sensuel : l’écart absolu de Charles Fourier

15h30 : Ludivine BANTIGNY (Maîtresse de conférences en histoire à l’université de Rouen) : "La rébellion-révélation. 1968 comme dévoilement et critique de la domination".

16h : discussion.

16h30 : pause.

17h : Florence TAMAGNE (Maîtresse de conférences en histoire à l’université de Lille 3) : Rebel Rebel : Transgressions de sexe et de genre dans la scène rock des années 70.

17h30 : Stéphanie SAUGET (Maîtresse de conférences en histoire à l’université de Tours) : Les revenants, des rebelles ?

18h : Discussion. Conclusion.


Du rebelle à l’action collective. La CGT et sa culture contestatrice et de transformation

Journée d’études proposée par l’Institut CGT d’histoire sociale

Vendredi, De 9h30 à 17h30 - Salle 10, Université

Les concepts de rebelle/rébellion génèrent de nombreuses ambiguïtés qu’il convient de lever en adoptant une démarche résolument critique. Pour cela, il apparaît essentiel, comme préalable à toute étude sur ce sujet, de les resituer dans une série de concepts proches : révolté/révolte, révolutionnaire/révolution, contestataire/contestation, indigné/indignation, etc. Ces repères sémantiques pourraient être apportés en introduction de la journée.

Le plus souvent, une vision romantique du rebelle domine. C’est celle du bandit social qui défit la loi et les riches mais dont l’action apparaît juste, légitime (on pense alors spontanément au personnage de Robin des bois). Si ce type de rébellion recouvre une certaine réalité, il correspond avant toute chose à un phénomène dit « primitif » ou « archaïque » d’agitation sociale (Eric J. Hobsbawm). Limitée dans ses ambitions et dans son efficacité, ce type de rébellion n’a survécu qu’à la marge au développement des sociétés modernes industrielles.

Dans un contexte de lutte des classes, la bataille idéologique et l’organisation collective sont devenues des enjeux majeurs. On a pu observer une certaine métamorphose du rebelle en « révolutionnaires conscients et organisés ». C’est essentiellement cette forme moderne de la rébellion qui doit être travaillé lors de notre journée d’étude. Plusieurs questions traverseront donc notre journée d’étude : La dimension d’organisation n’apporte-t-elle pas une certaine maturité à la rébellion ? L’organisation de classe constitue-t-elle un stade supérieur de la rébellion, au risque de la bureaucratisation ?

Cette question de l’organisation donne au syndicalisme une place centrale. Celui-ci, lorsqu’il a pour finalité la lutte pour l’émancipation des travailleurs, est porteur d’un projet résolument subversif. C’est la subordination du salarié au capital qu’il conteste, et l’ordre défini par le patronat (« l’ordre usinier ») qu’il tente de bousculer, voire de transformer. Le syndicalisme porte en lui la contestation. La grève en est d’ailleurs une de ses expressions principales.

La CGT dispose d’une culture contestatrice et de transformation qui lui est propre, héritée de ses origines révolutionnaires. D’autres cultures sont venues enrichir la CGT et la complexifier mais cette culture d’origine n’a pas pour autant disparu. Elle est toujours vivante, avec une expression plus ou moins intense selon les circonstances politiques, économiques et sociales.

C’est l’expression de cette culture contestatrice et de transformation sociale qui sera au cœur de notre journée d’étude.


Avec Achille BLONDEAU, syndicaliste IHSME, David CHAURAND, directeur de l’Institut CGT d’histoire sociale, Maryse DUMAS, syndicaliste, Patrick MORTAL, historien IFHS-TE (Institut d’histoire sociale de la fédération), Stéphane SIROT, historien à l’université de Cergy-Pontoise.



Rebelles et environnement


Demi-journée d’études proposée par l’Association pour l’Histoire de la Protection de la Nature et de l’Environnement (AHPNE), le Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale (RUCHE) et le Comité d’Histoire du MEDDE (ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie).

Coordonnée par Rémi Luglia (historien, CRHQ-UMR 6583, Caen).

Vendredi 10 octobre de 14h à 18h

Petit amphi, INSA


Pour protéger la nature et l’environnement faut-il être rebelle, gestionnaire, idéaliste, ou tout cela à la fois ? Trois acteurs engagés depuis les années 1970 et un historien apportent chacun leur réponse en évoquant les luttes passées et à venir.

Conférences



14h - 14h45

Des archives rebelles aux chercheurs ? Introduction aux sources de l’histoire des luttes environnementales


par Marie CHOULEUR, conservatrice du patrimoine.

L’écriture de l’histoire exige le recours aux archives produites par les acteurs des événements. Les Archives nationales, qui conservent et communiquent des fonds publics et privés, recèlent ainsi des sources d’une infinie richesse, quoique méconnues.



14h45 - 15h30

Ces riverains qui contestent : deux siècles de résistance face aux débordements de l’industrie


par Michel LETTE, historien des techniques et de l’environnement (CNAM – HT2S Paris).



Les riverains ont toujours résisté aux industriels peu soucieux des débordements que génèrent leurs activités. Partant de l’histoire de leur contestation, on fera le bilan de 2 siècles de conflits entre industries et populations locales.

15h30 - 16h15

Au XIXe siècle, des écrivains rebelles sèment les graines de l’écologie



par Claire ROBERT, docteure en littérature et civilisation françaises, et journaliste territoriale.


Au XIXe, George Sand, Jules Michelet, Elisée Reclus ou encore Albert Robida dénoncent l’exploitation des ressources naturelles, la dégradation des paysages, des villes et des hommes. Des voix rebelles qui interrogent la société moderne et industrielle.


Table ronde



16h15 - 18h

Se rebeller pour protéger la nature et l’environnement ?



Avec Pierre ATHANAZE, président de l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages), Dominique MARTIN-FERRARI, journaliste, Brice LALONDE, conseiller spécial du Pacte mondial des Nations unies, Jean-Pierre RAFFIN, ancien président de France-Nature-Environnement, Alexis VRIGNON, doctorant.

Pour protéger la nature et l’environnement faut-il être rebelle, gestionnaire, idéaliste, ou tout cela à la fois ? Trois acteurs engagés depuis les années 1970 et un historien apportent chacun leur réponse en évoquant les luttes passées et à venir.