Le grand débat de la revue L’Histoire

La France, une nation de paysans ?

Table ronde proposée par la revue L’Histoire.

Samedi 20 octobre de 18h30 à 20h15 - Hémicycle de la Halle aux Grains

INTERVENANTS : François BAYROU (sous réserve), homme politique, président du Mouvement Démocrate, Bertrand HERVIEU, inspecteur général de l’agriculture, agronome, Jean-Marc MORICEAU, professeur à l’université de Caen Basse-Normandie, Pascal ORY, professeur à l’université de Paris I, Laurent THEIS, président honoraire de la Société de l’histoire du protestantisme français, Michel WINOCK, professeur émérite à Sciences Po Paris.

« La terre de France, écrit Michelet dans Le Peuple, appartient à quinze ou vingt millions de paysans qui la cultivent ; la terre d’Angleterre à une aristocratie de trente-deux mille personnes qui la font cultiver. » En effet, le nombre de propriétaires fonciers, déjà considérable à la veille de la Révolution, n’a fait que s’accroître tout au long du XIXe siècle. Il faudra attendre les années 1960 pour assister à « la fin des paysans » (Mendras).
Cette structure agraire de la petite et moyenne propriété, si caractéristique de la France, a eu des effets économiques prolongés, la médiocrité de la productivité agricole, la lenteur de la révolution industrielle ; elle a eu aussi des prolongements politiques : ce sont les « paysans parcellaires », selon l’expression de Marx, qui ont soutenu le régime de Napoléon III ; ce sont eux qui, convertis à la République, formeront une des bases du radicalisme. En même temps ce sont eux, les paysans, que la pensée traditionaliste et réactionnaire a célébrés comme les dépositaires de l’âme française : « la Terre, elle, ne ment pas. »
Que reste-t-il aujourd’hui de ce passé si profondément marqué par la paysannerie ? Simples souvenirs ? Nostalgie ? Ou, au contraire, un héritage indélébile toujours agissant ?