Formation de Formateurs : Enseigner la Révolution française

INSCRIPTION OBLIGATOIRE : BULLETIN DE RESERVATION

Afin d’étoffer l’offre de formation continue et de l’adapter aux besoins actuels de formation pour le réseau des ESPE, le comité pédagogique des Rendez-vous de l’histoire avec le concours de la DGESCO a souhaité mettre en place une nouvelle section au sein du Parcours Enseignants, une Formation de Formateurs.
En lien avec le thème des Rebelles, celle-ci portera sur la question de la Révolution française dans les programmes du 1er degré, de 4ème et de 2nde, et dans ses modes d’enseignement, afin de construire une progression cohérente sur les trois niveaux dans les apprentissages.

Quatre grandes conférences, portant sur quatre problématiques spécifiques, permettront à quatre historiens spécialistes du conseil scientifique de faire le point sur l’historiographie et les récentes évolutions. Quatre ateliers d’approfondissement didactique, animés chacun par un trinôme de formateurs et un IA-IPR, prolongeront ces quatre conférences.

Les ateliers de cette formation seront ouverts en priorité aux enseignants formateurs sur inscription auprès du service pédagogique des Rendez-vous (nombre de places limité à 55). Il sera néanmoins possible d’assister librement aux conférences
Un supplément à cette formation de formateurs, Révolution française, nouveaux regards, spécialement édité par les éditions CANOPE et les Rendez-vous de l’histoire, sera mis à la disposition des participants.


JEUDI 9 OCTOBRE

Les abolitions françaises de l’esclavage, XVIIIe-XIXe siècles

Conférence de 13h30 à 15h - Salle Kleber-Loustau, Conseil Général

Par Olivier GRENOUILLEAU, Inspecteur général de l’Education nationale, et historien spécialiste de l’histoire de l’esclavage, auteur notamment des articles « Abolition », « Révolution », « Schoelcher », etc. dans le Dictionnaire des esclavages (Paris, Larousse, 2010) et de Abolir l’esclmavage. Un réformisme à l’épreuve (Ed. PUR, Rennes, 2008).

Les abolitions françaises de l’esclavage s’inscrivent en lien avec la Révolution, mais s’insèrent tout d’abord dans une problématique plus générale qui est celle de la « révolution abolitionniste », qui prend sa source dans les combats des Lumières au XVIIIème siècle. Mais si la France est le premier pays à avoir aboli l’esclavage, en 1794, elle est aussi le seul Etat à l’avoir rétabli en 1802. La période révolutionnaire voit en effet se produire nombre de fluctuations et d’hésitations dans ce qu’il convient de faire dans les colonies vis-à-vis des esclaves et des populations de couleur. Les luttes de pouvoir entre tendances et l’impact des révoltes comme à St Domingue sont à considérer. La première moitié du XIXème siècle verra un lent cheminement vers l’abolition définitive, en 1848.

Atelier de 15h30 à 17h - Salle capitulaire, Conseil Général

Atelier modéré par Christelle JOUHANNEAU, chargée d’études à la DGESCO, avec Jean-Luc KHARITONNOFF, professeur au collège Gambetta à Paris et Jean-Yves PIBOUBES, professeur au lycée Hélène Boucher à Paris.


VENDREDI 10 OCTOBRE

Déclarer les Droits de l’Homme et du Citoyen

Conférence de 12h à 13h - Salle Kleber-Loustau, Conseil Général

Par Yannick BOSC, maître de conférences en histoire moderne et de la Révolution française, GRHIS-Normandie Université (ESPE Rouen), coordinateur de Révolution Française.net. Auteur avec Sophie Wahnich de Les Voix de la Révolution française : projets pour la démocratie (Paris, La Documentation française, 1990) ; avec Marc Belissa et Florence Gauthier de Républicanismes et droit naturel (Paris, Kimé, 2009) et avec Marc Belissa de Robespierre. La fabrication d’un mythe (Paris, Ellipses, 2013).
Et aussi Florence Gauthier, Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1989-1795-1802, Paris, PUF, 1992, rééd. Syllepses 2014.

Les principes déclarés en 1789 et complétés en 1793 sont au cœur des conflits politiques de la Révolution française. Ceux qui les défendent en font le code de la théorie révolutionnaire et le fondement politique des sociétés humaines ; ceux qui les dénoncent ou veulent en limiter la portée les jugent anarchistes et les assimilent à la terreur. En 1795, ces derniers l’emportent. La Déclaration ne doit pas pouvoir être opposée à un régime qui considère que seuls les propriétaires doivent gouverner. Aussi, le texte qui est voté en 1795 n’évoque-t-il ni le droit de résistance à l’oppression, ni les droits naturels, ni le fait que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Il faut attendre 1946 pour qu’une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen soit en France de nouveau placée à la tête d’une Constitution.

Atelier de 13h45 à 15h - Salle capitulaire, Conseil Général

Modéré par Cristhine LECUREUX, IA-IPR d’histoire-géographie, académie d’Orléans-Tours, avec Christian CONSTANCIEN, conseiller pédagogique 1er degré, Stéphane PIHEN, professeur au collège du Bois d’Aulne, Conflans Sainte Honorine et Patricia RAZE, professeure au collège Victor Hugo, La Celle Saint Cloud.


La ou les républiques de la Révolution française.

Conférence de 16h à 17h - Salle Kleber-Loustau, Conseil Général

Par Pierre SERNA, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de l’Institut d’Histoire de la Révolution française. Auteur avec M Biard, P Bourdin et H Leuwers de 1792 Entrer en république (Colin, 2013) et directeur de La République en voyage 1770-1830 (Pur, 2013) et de Républiques Sœurs. Le Directoire devant la Révolution atlantique (PUR, 2009), P. Serna « Est-ce ainsi que naît une république ? » in Claudia Moatti et Michèle Riot-Sarcey La République dans tous ses états. Pour une histoire intellectuelle de la république en Europe, Paris Payot, 2009, p. 23-55, notes p 304-313.

L’objet de la présentation est de s’interroger sur la non évidence d’abord entre Révolution et République (pour ne pas tomber dans un travers téléologique) et donc de poser la question des origines de la République dans la pensée du XVIIIe siècle. Le second moment de l’introduction consistera à mettre en perspective les notions de république avant 1789 en évoquant la naissance de la république américaine et les remous dans les anciennes républiques d’Europe.
La réflexion portera sur une relation entre le sommet des institutions et l’importance de la représentation nationale dans le jeu de la légalité législative et la politisation du plus grand nombre des français sous la forme de la légitimité de la prise de parole ou de liberté d’actions, jusqu’au printemps de l’an III, qui a constitué par rapport à d’autres révolutions, une des marques les plus originales de l’aventure politique des années 1789 -1799. D’autres thèmes seront abordés en fonction des recherches actuelles, sur la guerre, sur les républiques soeurs, sur l’universalisme républicain. Enfin un des fils directeurs sera d’interroger les vecteurs de « républicanisation », leur succès et leurs échecs.

La présentation s’articule alors entre trois moments :

1791 1792 : Genèse de la république et fondement du nouveau régime.

1794-1795 : Comment penser le passage du gouvernement révolutionnaire de la République à la constitution de l’an III

1798-1799 : Les figures différentes de la république entre modèle libéral et invention de la démocratie représentative.

Consulter le travail collectif de numérisation de la loi révolutionnaire et républicaine, outil désormais indispensable pour travailler sur la Révolution française (https://collection-baudouin.univ-paris1.fr/) et le site de l’IHRF, référencé par le ministère de l’Education, pour ses bases de données ses bibliographies et ses ressources. https://ihrf.univ-paris1.fr/

Atelier de 17h30 à 19h - Salle capitulaire, Conseil Général

Modéré par Claire LIENHARDT, IA-IPR d’histoire-géographie, académie d’Orléans-
Tours, avec Pascal BOURASSIN, professeur à l’ESPE Blois, Fabienne THOREAU- ARCOUTEL, professeure au collège M. Rolinat à Argenton s/ Creuse et Pierre WARDEGA, professeur au lycée Camille Claudel à Blois.


SAMEDI 11 OCTOBRE

Parler de la violence sous la Révolution et l’Empire

Par Jean-Clément MARTIN, historien spécialiste de la Révolution française auteur de Violence et Révolution française, essai sur la naissance d’un mythe national (Seuil, Univers historique, 2006), et de La Terreur. Part maudite de la Révolution (Gallimard-Découvertes, 2010).

La conférence portera moins sur les faits de violence eux-mêmes, dont la liste est interminable, que sur la façon dont il convient d’en rendre compte, notamment dans une démarche pédagogique.
Eviter les réflexes ordinaires qui la minorent, au profit des avancées réalisées, ou qui l’exagèrent, pour stigmatiser la Révolution ou une partie des révolutionnaires sont deux attitudes inséparables de l’analyse historique. Inversement, il est nécessaire de présenter l’explosion de la violence militaire qui se produit sous l’Empire, moment de l’arrivée de ce qu’il est convenu d’appeler « la brutalisation ». Au-delà du bilan humain qui doit être fait, la conférence invitera à une prise de distance, en s’inscrivant dans la longue histoire de « la violence ». C’est à une prise de distance vis-à-vis des fascinations morbides ou idéologiques qui continuent de marquer nos mémoires et qui entravent la démarche historique que s’attachera cette conférence

Atelier : De 10h45 à 12h15 - Salle capitulaire, Conseil Général

Modéré par Florence CHAIX, IA-IPR d’Histoire-Géographie, académie d’Orléans-Tours, avec Françoise BEAUGER-CORNU, professeure au collège Léonard de Vinci à Romorantin, Eric MAGNE, professeur au lycée Claude de France à Romorantin, et Anne DE NADAI, professeure à l’ESPE Bourges et à l’Université d’Orléans.

La Révolution française dans le festival : plusieurs conférences ou communications sont aussi au programme !

- Peut-on enseigner la Révolution française avec le cinéma ? Par Dominique BRIAND

- Olympe de Gouges, des droits de la femme à la guillotine par Olivier BLANC

- Les Droits de l’Homme : un texte au destin exceptionnel par Valentine ZUBER

- Apprendre à s’insurger pour défendre ses droits : un devoir pour le citoyen par Jean-Charles BUTTIER

- Rebelles malgré eux, mais forcément rebelles : les évêques réfractaires pendant la Révolution française par Yann FAUCHOIS

- A vos claviers, citoyens ! La Révolution française en ligne par Corinne Le BITOUZE et Marie-Claude THOMPSON

- Et aussi projection de Qui a tué Poulain Corbion de Jean Kergrist, en présence du réalisateur